Aujourd’hui, il est tout bonnement impossible de travailler sans avoir recours aux technologies, voire même de ne pas en entendre parler dans le cadre de son travail. Nous avons tous été plus ou moins exposés à des changements structurels, dus à la modification de procédés, la modernisation de services et l’amélioration des performances. Autrement dit, on a tous été confrontés tôt ou tard, à des changements de logiciels, d’ERP… Si cela est révélateur de l’emprise de la technologie a sur le travail aujourd’hui, cela soulève également un autre point : la dépendance à la technologie.

En effet, à une heure où les travailleurs n’ont jamais été aussi connectés et communicants, ils finissent par passer un nombre d’heures conséquent devant leurs outils. Si cela fait les affaires de l’entreprise, cela peut s’avérer nuisible à long terme si le phénomène se prolonge. Voyons ensemble si le travail et la technologie font toujours bon ménage.

La technologie au travail

L’avènement des NTIC force un changement des usages

C’est un principe de base : pour être productif au travail, il faut savoir s’entourer de bons collaborateurs, mais aussi d’excellents outils. A l’heure où les outils traditionnels et conventionnels (cahier, bloc-notes, agenda…) laissent place à des écrans et des tablettes (on prend de plus en plus des notes en ligne, on se crée des rappels et des listes de tâches…), force est de constater que les NTIC ont changé les usages d’un monde du travail en mutation.

La technologie a pour caractéristique de rendre obsolète les produits dont elle est issue à chaque sortie de produit innovant. Et pour obtenir des points distinctifs et des avantages concurrentiels décisifs, les entreprises misent encore aujourd’hui sur de tous nouveaux produits, modifiant leur organisation interne et/ou leur productivité. Ces constantes innovations ont imposé un changement radical dans le rythme des entreprises, notamment avec ce qu’on appelle aujourd’hui le Big Data, le Cloud Computing, le CRM, les nouveaux langages informatiques… Des procédés et outils qui, utilisés à bon escient, dans la bonne entreprise et par des spécialistes, peuvent améliorer l’efficacité de celle-ci.

Une étude réalisée par RICOH sur un panel de 2200 employés, révèle par exemple que :

“87% des sondés pensent qu’avec la mise en place de processus support adaptés, la technologie de pointe aura un impact positif sur la profitabilité.”

Elle révèle également que les avantages de la conjugaison des innovations technologiques et des espaces de travail sont “l’optimisation des processus métier”, “l’amélioration de l’accès aux informations” et “l’augmentation de la productivité”. Ces mêmes employés recherchent d’ailleurs de meilleurs outils à utiliser au quotidien comme les plateformes de collaboration interne, les réunions via Internet et l’impression nomade.

La technologie au travail : un avantage certain

L’ensemble de ces éléments peut pousser à se poser la question, à quoi ressemblera bien l’espace de travail de demain, quelles technologies seront utilisées…

N’oublions pas non plus qu’avoir de meilleurs outils de travail, au sein d’un espace de travail adapté où il est davantage possible de laisser libre cours à sa créativité, rentre bien dans la dimension de QVT (qualité de vie au travail). La finalité de l’apport de nouvelles technologies est aussi l’apport d’une plus grande flexibilité et l’amélioration des compétences… mais à quel prix ?

Les effets pervers d’un trop grand accès à la technologie

Technologie et travail : quand les deux ne font pas bon ménage...

C’est un fait aujourd’hui, dernièrement relevé dans un article du journal 20 Minutes : les Français (déjà connus comme les travailleurs les moins heureux) sont de plus en plus nombreux à ne pas se déconnecter du travail, durant leurs temps de repos (vacances, week-end…). On découvre ici le pouvoir intrusif que les NTIC peuvent avoir sur la propre vie du collaborateur, et la confusion entre la sphère personnelle et professionnelle. Le stress, le besoin constant d’être au niveau au détriment de son temps personnel…

A l’extrême, ce phénomène peut résulter vers une usure physique et psychologique du collaborateur, voire le burn-out.

Un autre effet pervers peut résider également dans une certaine suffisance, un manque d’engagement et une désinvolture. Les technologies ont pour première fonction d’aider l’individu à réaliser ses tâches. Mais l’avènement progressif de celles-ci peut aussi l’encourager à ne pas être aussi impliqué et rigoureux que sans elles.

Un rapport de Radiance Humanis sur l’impact des NTIC sur les conditions de travail permet la mise en évidence d’une autre dérive : elles peuvent aussi bien nuire aux relations internes d’une entreprise. En effet, le renforcement du contrôle sur l’activité des salariés (plus communément nommé “flicage”), l’augmentation de l’intensité et l’amoindrissement des relations humaines peuvent être des conséquences d’une trop grande part laissée à la technologie.

En conclusion…

On peut retenir qu’il convient de jauger l’ensemble des actions et l’impact laissé à la technologie dans le cadre du travail. De grands progrès ont été réalisés grâce à celles-ci, mais elles doivent toujours agir en outil d’aide et non pas de substitution. Plutôt que d’installer un système de contrôle, il peut être bénéfique pour tous de mettre en place une charte éthique, des objectifs à réaliser pour chaque collaborateur, et un suivi des performances.

N’oublions pas non plus que le meilleur moyen de faire accepter un changement au sein d’une entreprise, c’est d’accompagner chacun lors de celui-ci.