L’art de la motivation et de l’échec au travail selon Steve Legalle, coach

Il est important d’apprendre à utiliser un échec et même paradoxalement à en être reconnaissant, puisqu’il est formateur.

Voici une citation de notre invité du jour : Steve Legalle, coach en préparation mentale et émotionnelle.

 

Ancien footballeur professionnel habitué du haut niveau, ce gardien de but devenu entraîneur parcourt aujourd’hui les entreprises françaises, coache les sportifs… et les chercheurs d’emploi en préparation mentale.

Il intervient aujourd’hui pour nous partager son point de vue sur la gestion d’un échec au travail. Et comme Brieuc, notre CEO vient du sport à haut niveau, on peut vous dire que cette rencontre a particulièrement parlé à notre équipe : discipline, solidarité, dépassement de soi, sortie de zone de confort… Tout ça, tout ça ! #OVLMD

Focus.

La motivation et la gestion de l'échec au travail selon Steve Legalle

HUB-GRADE – Bonjour Steve ! Tout d’abord, merci de te prêter au jeu de notre interview. Dans cet article, nous allons parler de la motivation au travail et plus particulièrement de la gestion de l’échec. Et qui de mieux placé que toi, coach en préparation mentale pour nous répondre ! Pourrais-tu nous en dire plus sur toi et ton activité ?

Bonjour Hub-Grade !

Alors pour commencer, j’ai créé mon activité en 2011, suite à la fin de ma carrière de footballeur professionnel. Après avoir été formé à l’OL, j’ai pu jouer au sein de clubs comme le Racing Besançon (en Ligue 2 à l’époque), l’AS Saint-Priest, l’US Raon-l’Etape. J’ai terminé ma carrière à l’AS Lyon-Duchère. Puis j’ai raccroché les crampons et j’ai commencé une activité en coaching et en formation de professionnels.

La motivation et l'échec au travail selon Steve Legalle : sa carrière

Je suis coach en préparation mentale : j’aide ainsi à la gestion du stress et des émotions, dans les situations de travail ou à l’approche d’un évènement, etc. Le but de cette préparation est de permettre à une personne de rester concentrée et en phase avec l’objectif qu’elle poursuit, quel qu’il soit. Cette activité m’amène à intervenir en entreprise et animer des conférences.

Au quotidien je me retrouve donc confronté à plusieurs publics très différents : des dirigeants et managers en entreprises, des entraîneurs, des joueurs de football et autres sportifs dans le milieu, mais aussi des chercheurs d’emploi. Depuis peu, je mène également des ateliers pour ceux qui préparent leurs examens de permis de conduire.

En parallèle de mon activité, je suis aussi entraîneur des gardiens à l’AS Saint-Priest.

 

HUB-GRADE – Le phénomène du coaching en France a pris une grande ampleur ces dernières années. Qu’est-ce qui définit un bon coach selon toi ?

Tout à fait vrai : une ampleur considérable. Je dirais qu’il y a deux choses qui permettent de reconnaitre un bon coach :

  • La première concerne l’attitude : le coach doit, pour moi, être en capacité d’incarner un message inspirant afin de mieux le transmettre au client. Il doit lui-même savoir susciter une prise de conscience à son client et l’influencer.
  • La seconde, c’est que, plus qu’un discours, pour moi un coach doit aussi aider à passer à l’action. Il doit donner les clés de la réussite à son auditeur. Voilà pour moi ce qui peut faire un bon coach.

 

HUB-GRADE – Qu’est-ce qui a été le déclencheur pour toi ? Qu’est-ce qui t’a décidé à devenir coach ?

Certaines choses dans ma vie m’ont poussé à démarrer cette activité.

La motivation et l'échec au travail selon Steve Legalle : son activité de coaching

Dans la gestion de ma carrière, certains “événements” m’ont fait défaut au niveau mental. Or aujourd’hui, on reconnaît sans peine rien qu’en termes sportifs qu’il est très difficile, voire impossible, de réussir une carrière et atteindre ses objectifs sans une préparation mentale spécifique. Je m’en suis rendu compte sur le tas. Cela a déclenché en moi cette envie de démarrer le coaching.

Je pense que mon arrière-plan de footballeur fait que je suis légitime pour passer mes messages lorsque je coache quelqu’un. Dans mon accompagnement, je m’engage à ce que chaque personne, qu’elle joue, qu’elle travaille ou qu’elle soit en recherche d’emploi est plus à même de réussir le projet qui lui tient à coeur.

 

HUB-GRADE – En tant qu’ancien sportif de haut niveau, tu interviens notamment dans les entreprises sur les thèmes de la motivation et du sport. Pourquoi ces sujets sont-ils si importants dans nos entreprises actuelles ?

Je pense que les valeurs du sport appliquées au travail telles que la discipline, la solidarité, ou encore le dépassement de soi, sont des facteurs de réussite et d’épanouissement professionnel. En les appliquant au quotidien, chaque acteur de l’entreprise permet d’apporter une pierre à l’édifice de chaque projet. Pour cela, il est capital de les intégrer dans ses pratiques opérationnelles et de management.

La motivation et l'échec au travail selon Steve Legalle : le sport au travail

Le côté « activités sportives » est également capital dans l’épanouissement professionnel du salarié. Nous savons aujourd’hui qu’une pratique régulière d’activités physiques (3 à 4 fois par semaine) augmente le bien-être du salarié parce que cela permet de dynamiser son état d’esprit, d’augmenter la confiance en soi, ainsi que se dépasser. Car si l’état d’esprit peut agir sur l’attitude corporelle, l’inverse est vrai également : le fait de bouger, d’être dynamique permet d’être dans un état d’esprit beaucoup plus constructif, et donc, favorise une meilleure interprétation d’une situation qu’on vit.

 

HUB-GRADE – Ton motto est assez intrigant ! « Associer l’Équilibre émotionnel avec l’Efficacité pour atteindre l’Excellence »… En quoi cela consiste ? Pourrais-tu nous l’expliquer en quelques mots ?

Dans mes ateliers, je prône une manière différente de réussir : on peut tout à fait rester stable émotionnellement pour réussir. Certaines fois, il peut être difficile de concilier vie personnelle et vie professionnelle, mais il ne faut absolument pas négliger l’un pour prioriser l’autre. Tout est une question d’équilibre : ce n’est pas parce que j’ai des projets et l’ambition de réussir que je dois tout donner dans un domaine et faire complète abstraction du reste. Trouver cet équilibre est très important pour la conduite de ces projets.

La motivation et l'échec au travail selon Steve Legalle : sa vision

Ma méthode est de développer une attitude mentale qui met dans les bonnes conditions pour réussir. Je travaille avec la personne pour identifier ce qu’elle veut devenir et composer en fonction des choses les plus importantes pour elle. Cela impose donc un travail sur la concentration, la définition d’objectifs, comment bien se préparer mentalement avant un évènement…

 

HUB-GRADE – Un sujet très important : l’échec au travail. Quelles sont tes recommandations pour gérer ce type d’événement dans la vie d’un salarié ?

Il ne faut pas prendre l’échec comme quelque chose de négatif : il peut au contraire constituer la base d’une réussite.

La motivation et l'échec au travail selon Steve Legalle : comment gérer l'échec ?

J’ai cette vision de l’échec : sans échouer, il est pour moi impossible de réussir. Il faut arriver à dissocier le résultat obtenu de la personne qui en est à l’origine. Elle doit ainsi prendre conscience de la finalité de son action, être en mesure de “lâcher prise” et ainsi de devenir un observateur conscient.

En définitive, être dans une dynamique de réussite, c’est réaliser que ce qui nous arrive n’est pas important. La réponse à l’échec l’est bien plus. Parce que tant que l’on n’apprend pas de son échec, il reviendra inlassablement.  

L’important, c’est aussi de progresser et chercher à développer de nouvelles compétences. Je travaille souvent à cela avec ceux que je coache.

J’ai aussi l’habitude de leur dire “Ne cherchez pas la perfection, autorisez-vous le droit à l’erreur”.

 

HUB-GRADE – Selon toi, existe-t-il une culture de l’échec à la française ?

Non, je ne pense pas. Du moins, les pensées évoluent à ce sujet et tant mieux… Mais encore aujourd’hui pour beaucoup d’entreprises, on n’a pas le droit à l’erreur. Si on échoue une fois, on généralise sur l’ensemble des actions du même salarié, jusqu’à même le considérer comme un raté ou un nul.

Sauf que quand on voit les plus grandes réussites, tous ces grands entrepreneurs ont TOUS échoué au moins une fois. Mais ils se sont servis de leur échec pour réussir.

Il est important d’apprendre à l’utiliser et même paradoxalement, apprendre à en être reconnaissant, puisqu’il est formateur.

La motivation et l'échec au travail selon Steve Legalle : accepter l'échec et travailler

Au moment précis où l’on échoue, c’est littéralement qu’on n’est pas en possession de toutes les compétences requises pour gagner. Je pars du principe que chaque personne donne le meilleur d’elle-même à l’instant T, mais que si elle échoue, c’est qu’il lui manquait un élément (savoir-faire, compétences techniques, attitude, capacité de concentration, mental…).

L’idée est donc de travailler cet élément pour être plus efficace la prochaine fois. À condition qu’on lui donne sa chance.

 

HUB-GRADE – Dans quelles mesures les entreprises peuvent-elles au mieux les accompagner un salarié dans les moments positifs comme négatifs ?

Le rôle de la hiérarchie et des accompagnants (managers, dirigeants…) sont CAPITAUX pour leur effectif.

Consciemment ou non, ils dégagent un message. S’ils sont négatifs après un échec, cela rejaillit sur l’individu et l’ambiance d’un groupe. C’est aussi vrai s’ils sont positifs.

La même chose se vérifie dans le sport : le rôle de l’entraîneur dans la performance collective est important à 80%.

La motivation et l'échec au travail selon Steve Legalle : le rôle managérial

Je travaille beaucoup avec des managers pour le leur dire, afin qu’ils le corrigent et l’expriment au quotidien dans des routines, des petits rituel… Le bon message stimule les équipes, installe un cadre positif et de confiance. Il y a également une éloquence à développer dans l’accompagnement d’une équipe. Un manager est véhicule d’une attitude et d’un comportement, qui se reflète.

 

HUB-GRADE – On connaît de plus en plus le concept de QVT, c’est-à-dire la création d’un environnement de qualité pour travailler. Quelles sont selon toi, les principales dimensions à y intégrer pour garder ses troupes motivées ?

La hiérarchie pourrait, selon moi, autoriser ses salariés à sortir des zones de confort, voire leur permettre de ne pas réussir tout de suite et ne pas être dans le jugement. Dans ces dispositions, l’effectif peut rester motivé.

La motivation et l'échec au travail selon Steve Legalle : garder le cap

Le manager possède un rôle important d’équipier : il est AVEC l’équipe, au milieu de celle-ci et il progresse avec elle. Il peut même se permettre de prendre de la distance et laisser son équipe évoluer sans lui. Pour moi, un bon manager est un manager qui s’efface, se détache même de son rôle de leader et laisse son équipe “prendre les commandes”.

À une plus grande échelle, notamment celle de l’entreprise, tout repose sur le développement d’une confiance, qui se reflète quotidiennement.

 

HUB-GRADE – Selon toi, comment travaillerons-nous dans 50/100 ans ?

J’ose espérer que les robots n’auront pas pris notre place ! (rires)

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Plus sérieusement, je pense que l’être humain sera encore au coeur du système… Voire même que les grosses entreprises commenceront à disparaître ?

Je pense qu’on ne travaillera plus du tout de la même manière : les indépendants auront pris le pouvoir. Il y aura une multitude de travailleurs sur le marché, rattachés à leur propre entreprise, et chaque activité va se développer en indépendant.

Un échec est un succès si on en retient quelque chose.

Malcolm Forbes

Merci à Steve Legalle pour ses brillantes réponses !