Aujourd’hui, “se mettre à son compte”, “créer sa propre activité”, “monter sa boite”, “créer sa startup” sont autant de notions qui sont entrées dans nos usages. Si bien que la France est un des premiers pays européens en termes de créations d’entreprises et de startups. Nous tenterons d’en comprendre les tendances et les raisons.

Créer sa start-up : les bases

C’est quoi déjà une startup ?

Avant toute chose, rappelons-nous la définition d’une startup : on désigne ainsi une entreprise innovante, dotée d’un potentiel de croissance supérieur à la normale. Elle est souvent lancée dans un but expérimental. Exploiter le potentiel à tous les niveaux, entre autres, commercial ou économique, est nécessaire pour rendre l’organisme pérenne et convaincant. Pour gagner en notoriété et en crédit, elles recourent souvent à des financements externes comme des prêts d’honneurs, des levées de fonds… ainsi que des concours. La création de sa start-up est une tendance en émergence, à mettre en corrélation avec le développement des nouvelles technologies. Parmi les plus historiques, on peut recenser Free en 1999, Viadeo en 2004, BlaBlaCar en 2006…

Commençons par un constat : plus de 500 000 entreprises sont créées en France chaque année. Ce chiffre révèle donc bien son dynamisme. Cependant, on accuse une légère baisse en 2015, le nombre d’entreprises créées ayant baissé de 4,7% (mais culminant à 525 091 entreprises), à cause notamment d’une baisse du nombre d’immatriculations de micro-entrepreneurs. Pour les startups, la donne est encore tout autre. S’il est difficile de connaître exactement le nombre de startups en France, on en compte quand même “12 000 dans la couronne parisienne, dont 4 000 sont en intra-muros”, selon un professeur de l’ESSEC. Ceci confirme bien le statut de pays créateur de startup dont la France se targue, devant l’Angleterre ou l’Allemagne.

La start-up a ses raisons que la raison ignore…

Tout comme les activités développées par chacune d’entre elles sont différentes, les raisons derrière la création d’une startup sont diverses et variées.

La création correspond souvent à un besoin d’émancipation des modèles économiques traditionnels et la proposition d’un nouveau, pour répondre à une nouvelle demande. C’est ainsi qu’à titre d’exemple, on peut citer BlaBlaCar et l’économie collaborative, incitant les conducteurs au covoiturage, moyennant un coût qui défie les moyens de transport traditionnels.

NDLR : De tels business models ont également inspiré celui de Hub-Grade, plateforme immobilière mettant en relation des locataires en recherche de bureaux à louer et des loueurs, souhaitant mettre leurs espaces à disposition.

Créer sa startup : adopter une réflexion poussée

Les raisons derrière ces créations peuvent être aussi d’autres natures :

    • Profiter d’une technologie émergente et peu exploitée : un grand nombre de start-ups et d’entreprises ont développé leurs business models autour des dernières tendances digitales (ex : Réseaux sociaux) ou technologiques (ex : Oculus Rift, réalité augmentée, drones…)
    • Encouragements à l’innovation et à l’entrepreneuriat : le gouvernement français consacre annuellement un budget conséquent à la création de ces startups et l’émergence de ces jeunes pousses, permettant de pousser à la recherche et à l’innovation. D’une part, cela contribue à l’attractivité du pays, lui donne des arguments à l’international, et redynamise également sa conjoncture : créations d’emplois…
    • Accessibilité plus grande à l’entrepreneuriat : on assiste ces dernières années à une démocratisation de l’entrepreneuriat, d’une part avec les budgets du gouvernement ainsi que les réductions fiscales dont on peut bénéficier, d’autre part par la mise en place de ces levées de fonds, de l’émergence des business angels. On le rend aussi accessible dès les bancs de l’école, avec le statut d’étudiant-entrepreneur, ou avec les programmes de grandes écoles, poussant au développement d’une structure…
    • Une envie d’entreprendre : un article du Nouvel Obs indique la statistique suivante : la moitié des 18-24 ans déclarent avoir “envie d’entreprendre” et 13% disent avoir un projet concret”. Aujourd’hui, l’envie d’entreprendre, tout comme l’envie d’indépendance ou le manque d’emplois pouvant correspondre à cette tranche d’âge peuvent être liés à ces raisons. D’ailleurs un dossier intéressant du même média sur “Entreprendre avant 30 ans” vient d’être publié.

Une chose apparaît pour le moins évidente : devant tous les bénéfices et avantages que cela implique et les tendances actuelles, la France a vocation à rester un pays créateur d’entreprises et de jeunes pousses. Cependant, il convient de ne pas oublier qu’un grand nombre de projets de startup ne dure pas dans le temps. Ils nécessitent un investissement conséquent et une force de caractère. Un créateur d’incubateur à Paris disait très justement :«La jeune génération veut avant tout changer le monde, bousculer les usages, casser les rentes des acteurs historiques»… Reste à voir si la tendance se confirme.