C’est un des métiers qui fait le plus de buzz en ce moment et qui change les us et coutumes du marché du travail. Repris avec fierté sur les réseaux sociaux et aidant au capital notoriété des entreprises, il peut être considéré malgré lui comme inconventionnel, voire peu sérieux. Cependant, sa fonction nouvelle peut s’avérer particulièrement importante pour une entreprise… Aujourd’hui nous aborderons le métier de Chief Happiness Officer.

Chief Happiness Officer, rendre les collègues heureux au bureau

Chief Happiness Officer, kézako ?

Le Chief Happiness Officer est un métier qui trouve son origine dans la Silicon Valley, mondialement connue pour y accueillir des entreprises high-tech et des industries de pointe, dans le sud de San Francisco. C’est d’ailleurs là-bas que se situe la prestigieuse université Stanford, les locaux de Facebook, Google, Apple, PayPal, Intel et d’autres grands noms. Il faut dire que chacune de ses entreprises a des fonctionnements et des méthodologies de travail particulières, voire uniques, mais à succès pour la plupart. Leur capacité d’innovation et leur renom international leur permettent d’être aussi flexible et d’adopter des stratégies et des fonctionnements peu communes.

Développés par des chercheurs (dont Chade-Meng Tan à Google en 2000), et mis en place à des stades expérimentaux, ces nouveaux modes de fonctionnement ont au fur et à mesure été adoptés par d’autres entreprises. Ainsi, ceci leur a permis de mettre le doigt sur des problématiques réelles, dont ce qu’on appelle la qualité de vie au travail. La répétitivité des tâches exécutées, les conditions de travail difficiles, la pression des tâches stratégiques, la monotonie… tout cela peut altérer la qualité du travail et pousser les collaborateurs à n’être investi que par contrainte, lâcher prise, voire même faire un burnout.

La fonction du CHO est de remonter le moral des troupes, envahir l’entreprise de bonnes ondes, apaiser les tensions, encourager avec une attitude positive, une bonne énergie et venir contaminer l’entreprise de sa bonne humeur… En gros, il s’agit de s’employer à contribuer au bonheur des collaborateurs et soigner le bien-être en entreprise. Un concentré de bonne humeur, de joie et de bonne volonté pour entraîner ses collaborateurs.

D’accord, et c’est quoi son rôle plus précisément ?

D’un point de vue opérationnel, un CHO (fr. responsable du bonheur) est un mix entre la fonction RH et communication interne, mais comprend aussi une dimension psychologique. Sa mission est d’organiser des évènements internes et externes à l’entreprise pour assurer la cohésion de groupe, mettre à l’aise de nouveaux collaborateurs, apaiser des tensions, rassurer les collaborateurs lors d’évolutions de l’entreprise…

A vrai dire, si cette fonction peut sembler fantaisiste et utopique de prime abord, il s’avère que le bonheur au travail et l’épanouissement professionnel sont aujourd’hui de vrais sujets. Pour exercer ce métier, aucune étude n’est nécessaire, car aucune des qualités requises ne s’apprend en formation. Le poste requiert un certain sens du sacrifice, une bonne adaptabilité, une capacité d’écoute et une convivialité naturelle. Sans bien sûr oublier la productivité personnelle et la créativité.

Laetitia rentrée milieu fintechs devenir "chief happiness officer".

© Les Echos

Laetitia, nous raconte, dans un article des Echos, son recrutement au sein de l’équipe Payname, où elle exerce cette fonction depuis peu :

“Ils m’ont proposé un poste de chief happiness officer avec carte blanche pour agir pour le bonheur en entreprise. Après tout, qu’importe la graine, le principal est la façon dont on la plante. J’ai de la chance, je suis arrivée en terrain fertile.”

Si cette fonction de Chief Happiness Officer est bien adoptée par les structures jeunes, flexibles et aux métiers technologiques, elle est moins adoptée par les entreprises classiques, rigoureuses et méthodiques. Reste à savoir si être garant du bonheur de ses collaborateurs est réellement compatible aux entreprises de tous les secteurs et à toutes les configurations d’espaces de travail.