Génération X, Y et Z : comment faire cohabiter les différences dans l’entreprise ?

Certains pensent aujourd’hui que le monde de l’entreprise vit un tournant causé par la cohabitation de trois générations appelées X, Y et Z. La révolution numérique a complètement bouleversé le paysage de l’entreprise et a largement été accélérée, même dans les secteurs les plus frileux, par les périodes de confinements qui se sont succédées ces dernières années.

Notre monde change plus vite que jamais et parfois, semble creuser l’écart entre les générations, ce qui représente un véritable challenge pour les managers et chefs d’entreprise. Quels sont ces différents profils que l’on peut rencontrer lors de sa vie professionnelle et comment tirer parti de la diversité qu’ils nous offrent ?

Générations X, Y, Z : késaco ?

Douglas McGregor, un professeur de management au MIT (Massachusetts Institute of Technology) — yes, the one, a développé ce concept de générations au travail à partir des années 60. À la base, il ne s’agissait que d’appréhender les génération X et Y selon l’idée que les travailleurs n’ont pas les mêmes attentes au travail en fonction de leur génération.

La génération X désigne les personnes nées après les Baby boomers, dans un contexte de chute de la natalité, de crise de croissance, d’industrialisation et de mondialisation. La génération Y a quant à elle de très nombreux termes qui la désignent : « millennials« , la « génération du why » qui remet l’ordre habituel en question ou encore la « génération boomerang » qui quitte ses parents très tôt mais y retourne une fois ses études bouclées ou après une déconvenue sentimentale. Enfin la génération Z a, quant à elle, une définition moins évidente et existe surtout par volonté de créer une suite logique des deux précédentes. On la qualifie parfois de « génération de zappeur » ou de « nouvelle génération silencieuse » : elle a toujours connu le monde connecté et informatisé et est familière des univers virtuels.

La génération X : génération désenchantée ?

Qu’est-ce que la génération X ?

Elle désigne les personnes nées entre 1965 et 1980 environ. C’est une génération qui se place dans une ère de transition sociale : elle a connu deux chocs pétroliers, la crise, le chômage, l’arrêt de la croissance, le communisme, la guerre froide, la défiance vis-à-vis des gouvernances et l’apparition de l’éducation divergente… Mais aussi le sida, l’augmentation des divorces, la disponibilité de la pilule et la prise par les femmes de leur juste place sur le marché de l’emploi…

C’est aussi une génération qui a grandi dans la mouvance punk, grunge et new wave, à coup de Nirvana, The Cure et Depeche Mode…

Les gens de la génération X ont grandi dans le creux de la vague au niveau professionnel, suite aux Trente Glorieuses, trouvant difficilement des emplois stables et rémunérés.

Profil de la génération X au travail

Malgré, tout, c’est une génération conservatrice au travail, respectueuse des règles et de la hiérarchie. Elle est fidèle à la définition classique de l’entreprise de la fin du 20ᵉ siècle et ses membres ne connaissent que quelques entreprises dans leurs carrières, même quand elle n’aime pas son travail. En raison de son âge, c’est elle qui tient aujourd’hui les manettes de l’entreprise et du monde du travail en général.

Oui, elle est moins habile que les générations Y ou Z face à la technologie, mais les plus de 40 ans, sont aussi connectés. Fille de Mai 68, c’est une génération qui pourtant, comprend la contestation de l’autorité et les remises en question des organisations traditionnelles. Elle est également à même de comprendre le désir des générations plus récentes à introduire du sens et du bien-être dans leur travail.

2 femmes travaillant sur un ordinateur
@Unsplash

La génération Y : les Millennials

Qu’est-ce que la génération Y ?

Née entre 1982 et la fin des années 1990, la génération Y représentant plus de 13 millions d’individus en France, cette génération occupe une part importante des salariés de notre pays.

Elle a vu naitre Internet et l’extension de son utilisation massive dans les foyers, elle a grandi avec les jeux vidéos, les réseaux sociaux et l’instantanéité et mondialisation de la communication. Elle a vécu le 11 septembre, la guerre en Irak et n’a jamais connu un monde sans le sida. Le fossé entre la génération X et Y est plus grand qu’entre les personnes de la Y et la Z, qui arrive bientôt sur le marché du travail.

Profil de la génération Y au travail

Génération donc plus ouverte sur le monde, mais paradoxalement aussi plus individualiste. C’est une génération qui est arrivée sur le marché du travail très diplômée à un moment où les postes et les rémunérations n’étaient plus corrélés à leurs niveaux d’études et où la précarité de l’emploi est devenu maître-mot.

Elle ne comprend pas les traditions appliquées au pied de la lettre par leurs prédécesseurs ni le fait de simplement « travailler pour travailler ». Mais même si elle est « rebelle » face à l’autorité, elle respecte la hiérarchie.

Et tout comme la génération X, elle axe sa vie sur l’équilibre travail avec leur famille et les loisirs. Dans une petite dizaine d’années, elle représentera plus de 75% du marché du travail.

La génération Y est « couteau suisse », elle est reconnue pour être débrouillarde, génératrice d’idées et critique dans le but d’avancer dans leur carrière. C’est aussi une génération qui n’hésite à changer d’entreprise si elle n’est pas satisfaite, part sans arrêt en « quête de sens » et se reconverti sans sourciller.

Jeune homme sur une montage
Unsplash @Tim Bogdanov

La génération Z : la génération ultra-connectée

Qu’est-ce que la génération Z ?

Née après 1995, la génération Z est celle du changement de siècle. C’est la génération qui commence à arriver sur le marché du travail, et dont la majorité arrivera d’ici 2025.

Ces natifs du numérique, n’ont jamais connu le monde sans smartphones et sans les réseaux sociaux. Cette génération, ultra-connectée et très indépendante, a grandi en pleine période de stagnation économique, avec des taux de chômage élevés et un monde en pleine mutation. 

Face à un marché de l’emploi précaire, ils sont conscients de la difficulté du marché du travail.

Profil de la génération Z au travail

Avec pour modèles certains influenceurs et entrepreneurs, la génération Z a progressivement développé sa propre vision du monde du travail, ils sont partisans de l’entrepreneuriat et préfèrent toucher à tout plutôt que de se spécialiser dans un domaine.

Pour eux, le monde de l’entreprise ne se résume plus en un lieu physique. Ils ont profité de la crise sanitaire comme d’un tremplin pour travailler à distance ou se lancer à leur compte. La notion d’heures de travail n’a plus vraiment de sens pour eux, qui recherchent avant tout le bien-être dans leur vie professionnelle. 

Ils se tournent de plus en plus vers le modèle américain où l’échec n’est plus diabolisé et le fait d’entreprendre et de tester de nouvelles idées est grandement valorisé. 

La barrière entre leur vie personnelle et professionnelle tend à disparaître. La génération Z accorde beaucoup d’importance aux nouveaux médias tout en délaissant progressivement les plus traditionnels.

Gens dans une pièce en réalité virtuelle
Unsplash @Note Thanun

Les différences culturelles entre les générations X, Y et Z

Des risques d’incompréhension et de décalage

La cohabitation intergénérationnelle est souvent difficile à appréhender, en particulier en entreprise. Les différences d’âge entraînent parfois des désaccords sur certains sujets que chaque génération traite selon sa propre perspective. Des plus anciens à la jeune génération Z, récemment arrivée dans l’entreprise, la vision du travail et du rôle de chacun peut diamétralement être opposée. 

Tout cela peut mener à la frustration d’une partie des collaborateurs qui, petit-à-petit, perd en motivation, menant alors à leur démission, et donc à un turnover important des équipes.

Homme qui hurle au téléphone
Unsplash @icons8 team

Adapter son management aux différentes générations

Le management intergénérationnel est un enjeu crucial pour l’entreprise. Le challenge consiste à veiller à ce que les différences de chacune de ces générations ne nuisent pas aux performances de l’entreprise.

Développer l’écoute

Pour réussir à faire cohabiter ces différents profils, le manager doit évidemment tenir compte des particularités de chacun, c’est aussi valable selon le prisme des générations. Alors que les générations Y et Z ont besoin de trouver leur place dans l’entreprise en se sentant écoutés, les X craignent par-dessus tout d’être exposés au risque ou d’être mis à l’écart. L’objectif du manager est de trouver la flexibilité nécessaire sur les conditions de travail tout en réussissant à responsabiliser les membres de son équipe.

Une étude menée sur la cohabitation des générations aux travail réalisée pré-pandémie démontre que malgré les stéréotypes liés à chaque génération, leurs ambitions et visions du travail ne sont pas si différentes au final. Ce qui compte c’est d’avoir un équilibre vie pro / perso bien défini, que le travail amène à un accomplissement de soi, qu’il amène une stabilité financière et une sécurité de l’emploi, et enfin qu’il permette une certaine liberté et flexibilité.

Le mentoring

Une bonne manière de faire serait d’encourager le mentoring. 46% des managers estime que le meilleur levier pour la cohabitation est de créer des binômes intergénérationnels.

La génération X a beaucoup à apprendre aux nouvelles : grâce à leur expérience, leur connaissance métier et des secteurs d’activité en général. Les individus de cette génération sont des piliers de la progression, ils ont vu la boîte évoluer et ont participé à ces changements : ils ont une vue globale sur le marché et les choix stratégiques de la boîte. En d’autres termes, ils peuvent aider les générations Y et Z à trouver du sens dans leurs missions et les aider à tirer pleinement parti de leurs atouts.

De l’autre côté, les générations Y et Z sont souvent mieux formées aux outils digitaux, aux nouvelles méthodes de management et aux changements du monde du travail. Ils peuvent éduquer la génération X sur ces thématiques et les aider à adopter une conduite du changement efficace, en remettant en cause les process, en challengeant les objectifs et en aidant l’entreprise à adopter une nouvelle organisation du travail.

Ces deux dernières générations ont connu assez tôt de grands bouleversements dans le monde professionnel, les amenant à avoir des priorités différentes. En tant que manager, capitaliser sur les forces de ces trois générations (et on est bien conscients que c’est plus simple à dire qu’à faire) est nécessaire.

Maintenir un recrutement

Malgré ces particularités managériales parfois difficiles à mettre en place, une chose reste primordiale : le recrutement doit rester ouvert aux trois générations.

Les difficultés évoquées plus haut ne doivent en aucun cas interférer avec les choix pris lors de la sélection des profils. Vouloir limiter la cohabitation intergénérationnelle serait une erreur. L’expérience et les connaissances que les collaborateurs peuvent partager entre eux sont une richesse à exploiter pour l’entreprise. En effet, les générations X, Y et Z se complètent et offrent un large panel d’aptitudes et de personnalités.

Que mettre en place pour faire cohabiter les générations X, Y et Z ?

Pour tirer profit de cette cohabitation, voici quelques idées de points sont à mettre en place :

  • Mélanger les profils : le management doit s’appuyer sur les différences culturelles de chacun tout en instaurant le respect envers les trois générations. Pour cela, il est important d’inciter les générations X, Y et Z au partage en organisant régulièrement des groupes de travail mélangeant l’ensemble de ces profils. 
  • Établir des sessions de mentorat mettant en relation les plus jeunes avec ceux de la génération X peuvent également participer à l’intégration de chacun. Faire évoluer les outils de travail grâce aux nouvelles technologies peut également aider les générations Y et Z à se responsabiliser et à trouver leur place au sein de l’entreprise. 
  • Adapter sa stratégie RH : mettre en place une stratégie RH adaptée à chaque génération permet de valoriser et tirer le meilleur parti de chacun de ces profils.
  • Toujours proposer des formations adaptées : pour limiter le turnover, et en particulier celui des générations Y et Z, il sera essentiel de leur proposer des formations adaptées à leurs besoins, de trouver des sources de motivation et bien sûr d’être à l’écoute de leurs idées.
Homme et femme qui se félicitent
Unsplash @krakenimages

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