Les entrepreneurs font leurs armes sur les campus: l'exemple avec Brieu Oger le fondateur de Hub-Grade

Cours d’entrepreneuriat, incubateurs créés par les écoles, mais aussi statut d’étudiant-entrepreneur, les formations et dispositifs destinés à faciliter la création d’entreprises chez les jeunes se multiplient.

A 24 ans, Brieuc Oger connaît sur le bout des doigts les mots qui font mouche. Tout juste diplômé d’école de commerce, ce passionné de voile a créé en juin dernier Hub Grade, “le Airbnb des locaux professionnels. “Il s’agit d’une plateforme de location d’espaces de travail entre professionnels, explique le jeune entrepreneur. Nous incluons aussi dans nos prestations l’assurance des locaux, les contrats en ligne, etc.”

Aujourd’hui, l’aventure est loin d’être exceptionnelle. Selon le baromètre du Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs (Moovjee) publié dans Le Figaro en juillet dernier, près de 125 000 entreprises ont en effet été créées en 2014 par des jeunes, presque trois fois plus qu’il y a dix ans.

“34% des étudiants et lycéens professionnels veulent créer leur propre entreprise, rappelle Dominique Restino, président fondateur du Moovjee. Ce n’est pas de l’entrepreneuriat par nécessité. Il y a une véritable recherche de sens dans la création d’entreprise chez les jeunes”.

La motivation, Brieuc Oger la trouve dans la diversité des tâches qui l’attendent, en tant que chef d’entreprise. “J’ai l’opportunité d’avoir une vision à 360 degrés du projet Hub Grade. En une seule journée, j’embrasse des problématiques très différentes, du rendez-vous‐vous avec l’avocat à des mises au point avec mon développeur”, explique-t-il. Un intérêt des nouvelles générations pour l’entrepreneuriat, motivé par les success stories d’un Xavier Niel ou de Frédéric Mazzella, le fondateur de BlaBlaCar, que les écoles tentent d’accompagner.

Incubateurs et sessions d’entrepreneuriat

A l’EM Lyon, l’incubateur et les premières formations à l’entrepreneuriat existent depuis 1984. A partir d’un Bac +4, les étudiants peuvent notamment opter pour le Mastère Entreprendre, délocalisé dans la structure d’accompagnement de l’école. “Les étudiants travaillent sur leur propre idée, ou un projet d’entrepreneur externe, détaille Michel Coster, directeur de l’incubateur et professeur d’entrepreneuriat à l’EM Lyon. Les étudiants sont engagés dans des processus de mise en tension, de tests du business model, comme s’ils étaient de véritables entrepreneurs”. Depuis 1984, près de 950 entreprises ont été créées ou reprises, avec un taux de survie annoncé de 90% à cinq ans.

Ces initiatives ne sont pas l’apanage des seules écoles de management. Sciences-po Paris a ainsi mis en place un programme d’enseignement, baptisé sans surprise “Sciences-po Entrepreneurs”, au cours duquel les étudiants suivent des cours d’initiation à l’entrepreneuriat, avant une phase de pré-incubation sur sélection. Pendant un an, les candidats sélectionnés accèdent à l’incubateur de l’école. Pour compléter l’arsenal, l’école s’est dotée d’un fonds d’investissement, L’Ange Basile. Chaque année, 250 000 euros sont investis dans les 10 à 15 jeunes pousses incubées.

Un statut pour les jeunes créateurs d’entreprise

En parallèle, les étudiants porteurs d’un projet d’entreprise peuvent désormais prétendre au statut d’étudiant-entrepreneur. Lancé en 2014 dans le cadre du Plan d’action en faveur de l’entrepreneuriat étudiant porté par l’ancienne ministre Geneviève Fioraso, il permet notamment à ses bénéficiaires de potasser leur idée de business plutôt que d’effectuer un stage de fin d’année. Le travail des entrepreneurs en herbe compte également pour l’obtention de leur diplôme. Sans oublier que les candidats de moins de 28 ans ayant terminé leurs études peuvent continuer à profiter de la protection sociale étudiante voire des bourses, s’ils en étaient bénéficiaires.

“L’objectif est d’éviter que les étudiants n’attendent la fin de leurs études pour lancer leur projet d’entreprise, explique Jean-Pierre Boissin, le coordonnateur national du plan Pépite pour l’entrepreneuriat étudiant. Il s’agit d’être notamment en phase avec le développement du numérique et de permettre aux jeunes de tester leurs idées de business avant qu’un autre acteur ne se positionne sur le même créneau”.

En 2014, 643 entrepreneurs en herbe avaient bénéficié du statut. Ce chiffre devrait au minimum doubler pour cette deuxième rentrée. 500 dossiers ont déjà été retirés auprès des 29 Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (Pépite) présents sur l’ensemble du territoire, dont la vocation est d’accompagner étudiants et jeunes diplômés porteurs de projets. Jean-Pierre Boissin estime que les demandes devraient encore affluer pendant quelques mois. Avec peut-être, parmi elles, de nouvelles licornes françaises.

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